Elle et les autres

14 février 2021

133 - Diable d’ascenseur - (Bastien - 53)

Tout au long du chemin jusqu’à l’appartement d’Émilienne, Bastien imagina le déroulement de la soirée. Du coup, ils n’échangèrent que quelques mots d’une grande banalité pendant le trajet. Le studio de la jeune femme était situé au dernier étage d’un immeuble faussement haussmannien. L’ascenseur était ridiculement petit. Ce qui eut pour effet de rapprocher le couple. Placé de dos devant Bastien, Émilienne ne pouvait ignorer les sentiments de ce dernier… Celui-ci d’ailleurs en ressentit une gêne tant physique que morale. Son sexe gonflé était comprimé dans son slip et formait une boule proéminente. Il ne pouvait pratiquement pas bouger et il lui était impossible de se rajuster . Heureusement la délivrance approchait. Arrivé en haut, l’ascenseur s’arrêta brusquement ce qui eut pour effet de déséquilibrer notre ami qui s’écrasa un peu plus sur Émilienne. Elle ouvrit la double grille et grimpa rapidement les marches menant au palier sous les combles. Dans le même temps, Bastien toujours dans l’ascenseur, en profita pour remettre de l’ordre dans sa toilette. Mal lui en prit . N’ayant pas retenu les grilles qui s’étaient refermées, il entreprit à son grand dam et bien malgré lui, une descente vers le rez de chaussée, l’ascenseur ayant été appelé par quelqu’un !

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12 février 2021

132 – Nu comme un ver – (Eric - 31 )

Eric se rendit compte du ridicule de sa situation : nu comme un ver devant sa maîtresse avec à la main son portable. Il jeta d’ailleurs celui-ci en direction du canapé, sur lequel Justine n’en pouvait plus de rire. Il n’aurait pu dire à cet instant précis, s’il était en colère à propos de ce téléphone qui lui avait coupé ses effets ou s’il en voulait à Justine de sa moquerie. Il se reprit et s’adressant à elle : «Pardonne moi, mais cette bonne femme a eu le don de m’exaspérer». «et surtout qu’elle t’a fait perdre ta superbe… » lui répondit-elle rajoutant dans un éclat de rire : «Je comprends mieux ceux qui disent que l’amour, c’est mieux avant, … parce qu’après, c’est pendant ! Heureusement qu’il y a eu un début prometteur.» Eric ne releva pas les propos de la jeune femme. Il s’assit sur le canapé tandis que sa compagne tentait de le raviver en se caressant les seins ou le ventre, d’une manière si lascive, qu’un adolescent n’y aurait pas résisté. Mais Eric n’était plus un adolescent et outre le fait d’avoir été atteint dans son amour-propre, il songeait encore et toujours à Emma. Il se promit de revenir à la charge pour enfin gagner ses faveurs. Quant à ce soir, il savait qu’il ne pourrait plus conclure. Et c’est un peu piteux, qu’il prit congé de Justine, lui signifiant quand même au moment de lui déposer un baiser sur ses lèvres, que ce n’était que partie remise.

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20 janvier 2021

131 – Les p’tits papiers - (Emma – 51)

Le doigt d’Emma ne prit finalement pas la destination du clavier du téléphone. Son esprit ne lui dictait plus rien. Tout avait été trop vite. Cette rencontre inattendue avec Eric et cette sourde envie de poursuivre ces moments de partage au bar de la Corniche avec Bastien, tout cela se mêlait confusément dans son cerveau. Il y a belle lurette qu’elle n’avait pas eu à faire un tel choix. Toujours tiraillée par des sentiments contradictoires, elle se leva de table, jeta un dernier regard sur les deux petits bouts de papier où l’on distinguait nettement sur l’un, un E et sur l’autre un B. Puis elle se dirigea vers la sortie. Se ravisant, elle retourna vers la table et prit les deux papiers froissés abandonnés sur la nappe. Elle les mit entre deux pages de son petit carnet rose qu’elle enfouit au fond de son sac à main. Elle ne savait pas trop ce qu’elle en ferait, mais inconsciemment, elle pensait qu’ils allaient avoir une importance. Après quoi, elle quitta le restaurant et prit le chemin de son appartement. La chaleur moite de la journée persistait. Elle se sentait sale, n’attendant plus qu’une douche salvatrice et la lecture d’un livre qui occuperait ses pensées, mais aussi avec le secret espoir que son téléphone sonnerait avec au bout des ondes, soit Bastien, soit Eric. Et le premier qui appellerait, aurait sa préférence !

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18 janvier 2021

130 – Marché de dupes - (Émilienne – 1)

Lorsqu’Émilienne avait trouvé le SMS de Bastien, elle n’en crut pas ses yeux. Voilà cinq ans qu’ils se côtoyaient au travail, échangeant toujours un bonjour, bonsoir. Mais jamais elle n’avait soupçonné qu’elle pouvait lui avoir tourné la tête au point de l’inviter au restaurant. Lui, l’employé modèle, lui qui n’admettait pas le désordre sur son bureau, se pouvait-il que celui qui apparaissait comme un célibataire endurci, ait un cœur? Et en plus soit un poète ? Il avait bien caché son jeu se dit-elle. C’est pour répondre à toutes ces questions qu’elle s’était rendue au restaurant. Là-bas, elle avait vite constaté combien Bastien s’était montré à tout le moins intéressé par elle. Et pour en savoir plus, elle avait décidé de l’inviter à finir la soirée chez elle. Et elle était bien décidée à l’échauffer un peu pour voir jusqu’où il était capable d’aller. À vrai dire, elle avait envie de s’encanailler avec un homme mais elle ne voulait pas qu’il fut dit que c’est elle qui l’allumerait. Il allait falloir jouer les fines mouches pour que Bastien pense que c’était bien lui qui conduisait le bal. Finalement, c’est quand même lui qui avait lancé l’invitation.

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23 décembre 2020

129 - Pas d'hésitation - (Bastien - 52)

Bastien accompagna Émilienne jusqu'à la sortie du restaurant, Il ne put ignorer les regards des uns et des autres à son passage entre les tables. Du coup, sa fierté prit les devants. Il se redressa, certain de faire son impression. On aurait dit un pigeon bombant le poitrail et la gorge devant une de ses congénères. C'est vrai qu’Émilienne ne passait pas inaperçue. Sa coiffure flamboyante parlait pour elle. Ce n'est qu'à l'extérieur du restaurant que Bastien s'attarda à regarder celle qui jusqu'à aujourd'hui, n'était qu'une collègue de bureau. La taille était fine, moulée dans un pantalon qui faisait ressortir une paire de fesses, dont Bastien se dit qu'elles devaient être douces, sinon accueillantes. La poitrine était menue lui sembla-t-il. Pris par son observation, il n'entendit pas la jeune femme lui parler : " Alors, tu avances, ne reste pas planté là, viens. " elle dut s'y reprendre à deux fois avant qu'il poursuive sa route à son bras. Elle venait en effet de passer le sien dans celui de Bastien. Elle poursuivit : " Tu vas voir, on va passer une bonne soirée, je suis sûre que tu vas aimer." Ses paroles raisonnèrent bizarrement dans l'esprit de Bastien, mais la curiosité et peut-être aussi l'envie d’Émilienne, furent plus forts que tout.

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27 novembre 2020

128 - Manque de tenue - (Eric - 30)

Il sentait bien que l'instant pourtant reculé de la délivrance, allait sonner. Mais ce fut le téléphone qui sonna, le faisant sursauter. Justine laissa échapper le membre que pourtant elle tenait fermement et dont elle n'attendait plus que dans les secondes à venir, de goûter le suc. Eric s'assit sur le bord du lit et chercha des yeux le coupable. Il le vit posé sur un coin de la table, continuant à sonner dans le silence de la chambre. Il s'en approcha, lut le numéro qui s'affichait. Mais celui-ci ne lui donna aucune indication sur l'importun qui se permettait de le déranger dans un tel moment. Pourtant, mû par la curiosité, il prit néanmoins la communication. Il entendit une voix de femme. Celle-ci lui demandait de rentrer dès que possible, car il y avait un problème à la maison. Et il s'entendit lui répondre : c'est vous mon problème ! Et il raccrocha, tout en continuant à invectiver cette pauvre femme qui n'avait eu que le tort de se tromper de numéro. La situation en était devenue comique. Justine, complètement nue, se roulait de rire dans les coussins du canapé tandis qu'Eric, nu comme un ver, mais en chaussettes, regardait son téléphone pendre au bout de son bras. Mais il n'y avait pas que son bras qui pendait... ce que lui fit remarquer Justine en pointant son doigt vers ce qui normalement est censé être un instrument de plaisir, en étant tout de raide tendu. Mais là...

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26 novembre 2020

127 - Le doigt et le téléphone - (Emma - 50)

D'une main décidée, elle commença à pianoter sur les touches de son téléphone. Les chiffres s'affichaient les uns après les autres. Elle n'avait pas encore mis le numéro d'Eric en mémoire et donc elle avait été obligée de ressortir un petit carnet rose sur lequel elle inscrivait ses petits secrets. D'ailleurs, en recherchant le numéro, elle s'était rendue compte qu'en matière de secrets, finalement, il y en avait bien peu. Ici ou là, une adresse, un nom ou un prénom, lequel ne lui rappelait plus personne ou plus rien. Puis un dessin griffonné à la hâte, sans doute dans l'attente d'un rendez-vous manqué... Cela lui mit en avant le vide de sa vie, depuis sa séparation avec son ami. C'était quand d'ailleurs? Il lui semblait que son ex n'avait jamais existé. Toute à ses pensées, elle mélangea les chiffres et dut s'y reprendre à deux fois. Il ne lui restait plus qu'à valider l'appel. Son index s'avança vers la touche verte mais s'arrêta en chemin : qu'est-ce qu'elle allait faire? Relancer un homme chez lui, lui proposer de passer la nuit ensemble! De toute façon, c'était quand même Eric qui l'avait abordé le premier et puis être seule, cela va bien un moment, alors... Alors seulement, le doigt resta suspendu au-dessus de l'écran tactile, dernier rempart avant l'irréparable et l'espace d'une seconde, l'image d'une femme alanguie, à demi nue, offerte à son amant sur son lit vint lui troubler la vision, sinon les sens...

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20 novembre 2020

126 - Une muse chasse l'autre -(Bastien - 51)

Émilienne vit le papier blanc tombé de la poche de Bastien. Elle s'en saisit mais celui-ci mal plié, s'ouvrit sous ses doigts. Elle ne put s'empêcher de remarquer les quelques lignes manuscrites. Elle s'en ouvrit à Bastien : " Mais c'est un poème " et se mit à le lire à voix douce : "Quant le vent souffle à ma porte, C’est vers vous qu’il me porte. Car pour vous j’ai tant d’amour, Que je vous aimerai toujours." Comme c'est joli lui lança-t-elle - Jamais je n'aurais imaginer que vous aviez ce talent. C'est pour moi que vous l'avez écrit? Ainsi pour Bastien, l'aventure continuait avec ce SMS envoyé par erreur et à présent, ce poème qui n'était pas destiné à sa collègue. Son esprit fut plus prompt à répondre et il s'entendit dire que oui, il lui arrivait de taquiner Calliope. Poussant son avantage plus loin, il ajouta que plus que cette dernière, c'était à présent Émilienne et ses cheveux roux qui était sa muse. Il poursuivit : - Vous voir tous les jours, si fraîche, si pimpante, mon esprit s'est épanché sur la feuille blanche. Il se dit alors que la conversation prenait un drôle de tour et que s'il fallait la poursuivre, autant répondre à l'invitation de sa collègue et accepter de la raccompagner chez elle. De toute façon, il avait imaginé un tel scénario avec Emma, qu'il pouvait à présent changer de partenaire. L'occasion faisant le larron, il répondit donc favorablement à sa demande et c'est avec Émilienne à son bras, qu'il sortit fièrement du restaurant, auréolé du titre de poète.

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16 novembre 2020

125 - Une mouche - (Eric -29)

Le plafond d'un blanc sinistre offrait à Eric l'occasion d'oublier sa position et surtout de faire reculer l'instant de l'extase. La bouche qui s'activait plus bas, se faisait plus pressante, plus chaude. Décidément Justine savait y faire. Durer, encore durer. Il remarqua alors une mouche qui virevoltait là-haut sur le plâtre. Il s'amusa de son manège, la suivant des yeux dès qu'elle partait vers la fenêtre. Ce faisant, sa propre tension retomba quelque peu, lui octroyant un petit répit avant la libération salvatrice. Mais Justine s'en aperçut et redoubla d'ardeur pour maintenir à son apogée, une situation dont elle savait qu'elle sortirait vainqueur. Pour Eric, le combat était à son comble et seule la mouche pouvait encore le maintenir au-dessus des flots. Il ferma un instant les yeux et quand il les rouvrit, la mouche avait disparu. Il se remit illico en quête du précieux insecte, le redécouvrit dans un angle de la pièce, insouciant du drame qui se jouait sous ses ailes. Pour Justine, c'était à présent l'instant de la mise à mort. Elle sentait bien aux tremblements nerveux de son partenaire, que la fin était proche. Elle accéléra encore plus sa succion. C'est alors que la sonnerie d'un téléphone portable retentit dans le silence, rompant d'un coup le charme d'une délicieuse mise en bouche...

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05 novembre 2020

124 - Alors B ou E ? - ( Emma - 49)

Elle ouvrit doucement la paume de sa main, le souffle un peu court. Savoir que son avenir était là dans sa main lui faisait un peu peur, mais il n’était plus question de reculer. Le petit bout de papier était là. Elle s’en saisit délicatement et l’ouvrit. La lettre E apparut alors à ses yeux. Ce serait donc Eric l’heureux élu. Le hasard quelque part avait bien fait les choses. Elle s’était défilée lors de leur première et dernière rencontre. Elle lui devait bien une nouvelle chance. Elle se souvenait d’avoir ressenti du désir à son contact mais par peur de l’inconnu, elle l’avait fui. Maintenant c’est elle qui allait à sa rencontre. Elle n’avait plus qu’un coup de fil à donner et elle le retrouverait. Elle avait bien compris l’autre soir, combien il avait été attiré par elle. Et puis Eric ou Bastien, il lui fallait les bras d’un homme, sa puissance, bref sa virilité. Il y avait trop longtemps qu’elle n’avait pas ressenti cette montée si particulière du plaisir qui prend au bas du ventre et qui se répand en vous comme une lame de fond. Oui sûrement Eric saurait l’amener à cet état second. Elle prit son portable et l’appela aussitôt, sans même savoir ce qu’elle allait lui dire.

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